Mercredi 5 Juin 2019

Les objets connectés et l’e-commerce : l’histoire débute à peine

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? » interrogeait le poète. À défaut d’y répondre, notre époque moderne a fourni aux appareils high-tech une connectivité et donc un accès à Internet. À défaut d’âme, une toile remplie d’informations. Quel service l’objet connecté, à l’image des assistants vocaux qui gagnent tant en popularité, peut-il rendre au e-commerce ? Éléments de réponse.

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De l’offre, du service et de la demande

L’année dernière, Orange décidait de s’engager dans l’IoT – Internet of Things, ou internet des objets. Un signe ? Avec Datavenue Market, l’enseigne commercialisait une cinquantaine d’objets connectés à destination des professionnels. Le tout relié à LoRa, son réseau maison. Et depuis, l’offre s’est enrichie.

Ce développement pour un fournisseur d’accès semble inévitable : toute l’offre de télécommunication s’est couplée dès ses premiers temps avec des appareils en mesure de l’exploiter.

IoT et e-commerce : à la conquête du grand public

Une étude de IHS, présentée en mai 2018, voyait le cap passé des 75 milliards d’objets connectés avant 2025. Gartner, plus proche de nous, estime le parc à 20 milliards d’ici 2020 – tout en ajoutant qu’en 2017, on en recensait déjà 8,5 milliards.

Montres, santé, téléviseur, domotique : tout finit bien par trouver une solution d’accès à la Toile. L’intérêt pour un e-commerce est donc double.

D’un côté, offrir un choix d’objets connectés représente un relais de croissance face à une demande qui ira croissante. De l’autre, ces mêmes outils pensent servir les intérêts commerciaux des entreprises elles-mêmes. De même qu’en instaurant des services via les assistants vocaux, les sociétés peuvent améliorer leur proximité avec les consommateurs, il en est de même pour l’IoT.

À la recherche de l’architecture idéale

Pour les entreprises, relevait le cabinet IDC, les attentes sont assez simples :

  • connectivité (28 %),
  • gestion des données (27 %)
  • hardware (18 %)

Mais plus encore, les entreprises devinent qu’avec l’IoT, c’est un fort bénéfice qui leur sera apporté dans la gestion analytique. En parallèle, cela a un coût, difficile à mesurer et à rentabiliser.

Et plus encore, ces appareils introduisent des réflexions éthiques : tout le monde redoute légitimement un univers où les appareils mesureront, enregistreront et quantifieront le moindre de nos gestes. Les conséquences sur la vie quotidienne portent une part de sécurité accrue, autant que de méfiance.

Le monde de demain

Olivier Mathiot, PDG de PriceMinister-Rakuten, l’expliquait dans les Échos : « Le contrôle vocal, les contacts sur écrans tactiles et les objets connectés alimentent en données des bots dont les réponses à nos stimuli sont de plus en plus personnalisées et pertinentes. L'objectif étant d'anticiper nos besoins de demain, ceux auxquels nous n'avons pas encore pensé. »

Ce marché qui, en France, semble se développer depuis ces quatre dernières années ne fait en réalité que grandir. Pour le e-commerce, le risque est de devoir s’affilier aux GAFA, qui proposeront les solutions les plus populaires.

En matière de vêtements ou d’assurance, les marques expérimentent et cherchent à créer leur propre marché. C’est probablement là que l’entrepreneur a sa chance : créer et inventer son segment.