Mardi 11 Juin 2019

E-commerce et francophonie, le pari gagnant pour vous lancer à l’international ?

Avec près de 300 millions de locuteurs à travers notre petite planète, la francophonie a le vent en poupe. D’autant qu’on n’en recensait que 270 millions voilà quatre ans. Si le français n’est que la troisième langue pour les affaires — derrière l’anglais indétrônable — il n’en demeure pas moins la 5e langue parlée au monde. Alors, le e-commerce vers les pays francophones, une aubaine ?

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Selon les données de l’Organisation internationale de la francophonie, d’ici à 2065, le français sera pratiqué par plus de 1,1 milliard de personnes. Cela laisse amplement le temps de développer un business avec nos voisins les plus proches, comme les plus éloignés.

Francophonie, valeur linguistique, mais gare à l’Europe

Si le commerce avec les territoires limitrophes semble le plus évident, tout le monde n’est pas membre de la zone euro. Avec la Belgique ou le Luxembourg, par exemple, les conditions de vente ne posent pas plus de questions que les éternels enjeux de TVA, délais et coûts de livraison.

Mais la législation européenne encadre suffisamment le e-commerce pour offrir une réelle latitude. Encore faut-il mesurer l’évolution de la e-consommation dans ces pays : ayant triplé entre 2008 et 2014, du côté des vendeurs, elle se porte bien aussi côté client… En 2017, 37,4 % des achats en Belgique se faisaient sur des sites de vendeurs non nationaux, selon une étude.

Avec la Suisse, certes, la langue est commune, mais l’export de marchandise dans la confédération est soumis à des réglementations strictes. Il s’agit là de coûts transfrontaliers qui impliquent une surfacturation à savoir : TVA, droits de douane et dédouanement — les « frais administratifs perçus par le transitaire lors du passage en douane », explique la Fédération romande des consommateurs.

En somme, il pourrait être moins avantageux, par protectionnisme, pour un Suisse romand d’acheter sur un site français ou belge que sur son propre territoire. Gare !

La Francophonie outre-Atlantique

L’autre francophonie est évidemment celle du Québec, où les internautes sont parmi les plus actifs au monde… sauf qu’ils n’achètent que peu, voire pas, en ligne. La réalité est simple : moins de la moitié des entreprises disposent d’un site marchand – voire pas de site du tout.

Opportunité ? Possiblement, car au Québec, 12 % seulement des entreprises vendent sur la toile : il y aurait logiquement une, ou plusieurs places à prendre, à condition que les clients suivent la tendance. Et sortent leur carte bleue pour régler leurs emplettes sur la toile.

Classé en 10e position des puissances mondiales, le Canada est une force à n’en point douter, mais le territoire francophone est particulièrement restreint. On compte 7,8 millions de locuteurs au Québec et 10,9 millions au total au Canada. Marché intéressant, mais fragile.

L’Afrique francophone, terre de tous les possibles

Depuis des années, le développement des GAFA avec des offres significatives montre que l’Afrique est un territoire convoité, que l’on verse dans le e-commerce ou non. Le fait qu’Amazon ne se soit pas encore lancé est pourtant un indicateur : le dématérialisé peut faire recette, mais les problèmes d’acheminement et autres considérations logistiques pèsent lourd.

Plusieurs points à prendre en compte par ailleurs : internet passe principalement par le mobile, mais son taux de pénétration reste faible. Par ailleurs, les risques liés à la cybercriminalité posent de véritables cas de conscience — et la confiance du client est malmenée.

Côté vendeur, les mesures à mettre en place sont par exemple le paiement à la livraison, en cash — pas nécessairement optimum pour la trésorerie. Ou de multiples solutions de paiement en ligne à adopter pour répondre aux usages locaux : la carte bleue n’est pas vraiment répandue chez les consommateurs. Seuls 15 à 20 % estime le groupe CFAO, spécialisé dans la distribution.

La francophonie est remplie de promesses, d’autant que pour l’e-commerçant français souhaitant se développer, elle est un bon moyen de franchir le cap de l’international sans se soucier des contraintes de traduction. Mais attention, si l’aventure vous tente, n’oubliez pas que d’autres difficultés existent : frais, taxes, réglementations, habitudes de consommation… Avant de vous lancer, renseignez-vous toujours sur le marché que vous visez !


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