Jeudi 9 Mai 2019

Vous aimez les cookies ? Vous allez adorer la ePrivacy

À force de s’entendre répéter que, quand c’est gratuit, c’est l’internaute le produit, la Commission européenne a pris des mesures. Dans un premier temps, le Règlement Général de Protection des Données, ou RDGP, a modifié la capacité des sites à emmagasiner de la Big Data. Mais une autre perspective s’est simultanément mise en place : le respect de la e-privacy. Et là encore, c’est la protection du consommateur qui est au cœur des préoccupations du législateur européen.

eprivacy-ecommerce

RDGP, ePrivacy : 50 nuances de web

Bien que similaires dans leurs intentions, les deux réglementations diffèrent réellement. La RDGP concerne les obligations des structures, à propos du traitement de données personnelles. Et dans la foulée, les droits desdites personnes, dont les données pouvaient être exploitées.

En revanche, le règlement e-Privacy touche aux échanges entre particuliers, et la garantie qui doit leur être apportée que leurs communications ne sont pas sur écoute. Originellement, le règlement e-privacy devait aboutir en 2018.

L’un comme l’autre repose cependant sur un principe de consentement : l’internaute doit donner son accord préalable. Et c’est là que le premier problème se pose : quand on se connecte à son réseau social favori, ou sa messagerie mail, les opérateurs disposent de tout le nécessaire pour puiser abondamment dans nos discussions.

Complémentaires, mais gare aux cookies

En reposant sur un principe d’opt-in, la e-privacy définit que tout marketing direct — envoi de mails, SMS, appels automatisés, etc. — est accepté par le consommateur. Si ce dernier n’a pas validé cette réception de sollicitations, alors l’opérateur sera en défaut.

Et comme les GAFA évoluent dans un environnement propriétaire, la crainte est de les voir favorisés par cette mesure prochaine. Alors que pour le e-commerce, cela nécessitera des développements importants pour s’assurer d’une mise en conformité des cookies qu’il va mettre en place.

L'ePrivacy ne rendrait-il pas la vente en ligne inconfortable ?

La Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD) avait d’ailleurs souligné ce problème : « Beaucoup d’e-commerçants seront pénalisés par ce mécanisme, notamment ceux qui ont une logique de média avec de la publicité ciblée », indiquait le délégué général, Marc Lolivier au JDN*.

Si les cookies sont devenus d’indigestes gâteaux numériques, ils servent aussi de support essentiel dans l’économique du web. Leur disparition serait douloureuse. En effet, demain, tout pourrait reposer dans les mains des browsers, et non plus des sites : autrement dit, Google Chrome aurait plus de poids pour cette gestion que les marchands en ligne…

Il semble malgré tout que les États européens aient progressivement mesuré les dangers pour les e-commerçants nationaux. Renforcer le pouvoir d’Apple, Microsoft ou Google serait plutôt paradoxal, non ?


*https://www.journaldunet.com/ebusiness/commerce/1196486-marc-lolivier-fevad-eprivacy/