Actus Marché Publié le Lundi 1er Octobre 2018

Qu'apporte la blockchain au transport et à la logistique ?

Le terme semble abstrait, et décrit pourtant une réalité éminemment simple à comprendre. Qu’est-ce qu’une blockchain ? Un ensemble de calculs, dépendants les uns des autres. Boxtal vous met en appétit... Imaginez le collier de perles en nouilles réalisé pour la fête des Mères. Songez que chaque nouille supplémentaire découle des précédentes – et sa valeur est ainsi garantie parce qu’elle s’inscrit dans cette chaîne de valeurs. Facile, non ? On vous en dit plus.

blockchain-transport

Blockchain dans le transport : des intermédiaires à foison


Une blockchain se résume donc à un emboîtement d’éléments. Mais sa réalité est bien plus intéressante : parce qu’elle est ouverte et totalement transparente, autant que sécurisée, la blockchain apporte des garanties particulièrement intéressantes. C’est en effet l’assurance d’une traçabilité de l’information aujourd’hui considérée comme inébranlable.

Préciser la notion de blockchain(1)
Aussi appelée « chaine de blocs » en français, la blockchain est une technologie permettant de stocker et de transmettre l’information.
Par extension une blockchain désigne une base de données partagée par ses différents utilisateurs, ce qui la rend sécurisée et transparente. Terminé l’hébergement par un serveur unique : ce sont les utilisateurs qui s’en chargent, sans intermédiaire, et chacun peut vérifier lui-même la validité de la chaîne. Les données de chaque bloc sont protégées et ne peuvent être modifiées a posteriori.
Et ça vient d’où ? La première blockchain est apparue en 2008 avec le bitcoin. Santé, publicité, finance, transport… ses domaines d’application sont aujourd’hui nombreux !

On comprend bien comment, dans le cadre d’un transport de colis, ce type d’outils présente des avantages certains. Thierry Grumiaux, délégué à la commission transport internationale de la Fédération Nationale des Transports Routiers, le soulignait : « L’expédition d’une marchandise d’un producteur au client final concerne parfois jusqu’à 30 intervenants d’un bout à l’autre de la chaîne, surtout si l’on parle à l’échelle mondiale. »(2)

Mon suivi de colis révolutionné par la blockchain


Tout le monde s’est déjà rendu à la Poste pour expédier un paquet : le code de suivi qui est fourni permet de suivre le cheminement du transport. C’est un premier pas pour tranquilliser le client, mais la blockchain apporte d’ores et déjà des modèles bien plus performants.

Si l’on considère les 140 milliards de dollars engloutis dans des litiges(3), suite à des problèmes de gestion de flux – informations erronées ou partielles, facturations en attente, rejet des responsabilités, etc. – les économies d’une sécurisation telle que la blockchain l’implique deviennent significatives.

Inscrit dans une chaîne sous haute surveillance


Reprenons : les blocs de cette fameuse chaîne contiennent des transactions, sous la forme de puissants calculs mathématiques, qui plus est cryptés pour garantir leur authenticité.

Dernièrement, les scandales de l’agroalimentaire – viande de cheval dans des produits cuisinés en 2013 – découlent d’une opacité qui nuit à tout un secteur. En inscrivant chaque étape de déplacement d’un produit dans une pareille chaîne de validation, non seulement les risques de corruption se réduisent, mais surtout, les responsabilités sont immédiatement révélées.

Carrefour a d’ailleurs annoncé l’an passé que, justement pour ses filières animales, un modèle de blockchain serait mis en place.

Vin, diamants, extincteurs : tout est sous contrôle


On mesure alors comment lutter contre les fraudes autant que les erreurs, à des niveaux macroéconomiques – transport maritime, commerce international – de même que pour les mouvements nationaux. On parle d’économies de 20 % pour le transport par voie de mer, dans la perspective d’une digitalisation globale. 

Et pour des marchés plus sexy encore, comme celui du diamant, c’est l’assurance de mettre un terme au marché noir, à l’exploitation abusive dans des mines, etc. Pour le secteur du vin, fini les trafics d’étiquettes interchangées faisant passer une vulgaire piquette pour un splendide Bourgogne... A ce propos, si vous-même expédiez du vin, n'hésitez pas à consulter notre article sur l'emballage des bouteilles.

Il devient également possible d’assurer à Tatie Odette (mais si, celle dont notre assistant vocal a retenu la date d’anniversaire...) que les extincteurs de son immeuble sont régulièrement contrôlés. Parce qu’une traçabilité est mise en place, pour remonter toute intervention, toute utilisation, et ainsi de suite.

En résumé...
La blockchain ne fera pas de miracles, mais elle peut fluidifier les échanges, raccourcir les délais de livraison, responsabiliser des acteurs interdépendants, fiabiliser l’intégrité des données pour les transporteurs, commissionnaires et autres intermédiaires logistiques… et finalement améliorer grandement la confiance du consommateur. Avec un revers de médaille toutefois : les coûts écologiques d’un calcul de blockchain sont encore douloureux. Les serveurs mobilisés, et donc l’électricité en jeu, font qu’avant d’y recourir, de réels efforts technologiques doivent intervenir.

Sources :
(1) Blockchainfrance.net et JDN
(2) Transportissimo.com
(3) https://atelier.bnpparibas/retail/article/blockchain-offrir-industrie-transport-biens